LES TROMPERIES
Compteur kilométrique trafiqué
La remise à "O" du compteur est formellement interdite par la
loi. Si le vendeur a volontairement diminué le nombre de
kilomètres réel, et si la tromperie est prouvée (rapport
d'expertise, témoignage...), il s'expose à des poursuites
(amende, emprisonnement,...) ainsi qu'à l'annulation de la vente
ou au réajustement du prix et des dommages et intérêts. Si de
toute bonne foi le vendeur ignorait quel était le kilométrage
réel du véhicule (ventes successives) et qu'il avait pris la
précaution d'indiquer par écrit que le kilométrage était "non
garanti", aucun recours sur la base de la tromperie ne pourra
être engagé contre lui.
Millésime rajeuni
Le millésime fait partie des qualités substantielles d'une
voiture.
Le fait de cacher délibérément le millésime réel du véhicule
constitue un délit de tromperie sanctionné souvent par les
juridictions pénales. Si c'est par simple erreur que le vendeur
particulier a donné un faux millésime, on pourra néanmoins
obtenir devant la juridiction civile l'annulation de la vente ou
une diminution du prix. Au contraire, les tribunaux estiment que
le vendeur professionnel n'a pas le droit à l'erreur et qu'il
est toujours censé donner le millésime exact du véhicule.
Véhicule accidenté
Les tribunaux s'accordent à dire que le silence du vendeur d'une
voiture d'occasion sur un accident antérieur revient à tromper
l'acheteur sur l'une des qualités substantielles de la
marchandise. Selon la gravité des dommages, cette tromperie peut
donner lieu à des sanctions pénales et civiles même si les
dégâts ont été correctement réparés.
Publicité mensongère
Constitue une publicité mensongère, le fait de vendre un
véhicule en "bon état", "parfait état", "état exceptionnel",...
alors que le vendeur n'ignore pas que ces mentions sont
inexactes. De même, le silence ou l'absence de renseignements
sur une qualité du véhicule susceptibles d'influencer le choix
de l'acheteur (exemple : véhicule de location), peuvent être
sanctionnés pénalement ou civilement (annulation de la vente,
condamnation à une peine d'amende ou des dommages et
intérêts...).
RESOUDRE LES PROBLEMES
L'acheteur qui entend contester la vente
doit agir rapidement.
C'est pourquoi il faut adresser
rapidement une lettre recommandée avec accusé de réception au
vendeur, qu'il soit professionnel ou particulier, dans laquelle
il faut faire état des griefs et des solutions souhaitées. Si
aucune solution ne se dégage, il est possible de saisir votre
Automobile Club qui effectuera à nouveau des démarches en vu
d'un compromis.
En cas d'échec, il faut saisir le
tribunal compétent qui nommera vraisemblablement un expert
judiciaire. Avant de s'engager dans une telle procédure, il faut
être sûr de son fait et réfléchir au coût de la procédure.
Si pour conclure la vente, le vendeur
particulier ou professionnel a eu un comportement assimilable à
une infraction pénale, une plainte peut être déposée soit auprès
des Services de la Répression des Fraudes du département, soit
directement auprès du Procureur de la République. C'est
notamment le cas pour l'escroquerie, le délit de tromperie sur
les qualités substantielles de la marchandise, le compteur
kilométrique trafiqué, la publicité mensongère ...